Leçons de l’engagement des chars Leclerc au Yémen
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| RAIDS a écrit: Posté le: Dim Juil 16, 2006 |
| Le Leclerc Azur pour l’action en zone urbaine
L’incontestable vedette blindée du salon EuroSatory 2006 fut le char Leclerc Azur (ou action en zone urbaine). Giat Industries présentait son dernier-né, fruit d’une collaboration exemplaire avec les services « armée de mêlée » de la section technique de l’armée de terre chargés de la mise en place du CENZUB. Un VBL et un VAB ont aussi été modifiés afin de former un trio technique capable de jouer des scénarios tactiques simples. Cela permettra de lancer CENZUB avec des matériels adaptés et d’évaluer l’apport en termes de capacités opérationnelles des adaptions en questions. Le Leclerc Azur intègre des équipements et des aménagements identifiés par les opérationnels comme absolument indispensable pour mener des actions en zone urbaine. A l’exception de la fonction mobilité jugée adaptée, toutes les autres fonctions du char ont subi des évolutions : protection, armement, observation et communication. Le Leclerc Azur rassemble, en fait, tous les résultats des réflexions menées par l’EMAT sur le combat urbain, nourries des retours d’expérience sur le terrain, en Irak principalement. Le plus spectaculaire, car elle donne le look du Leclerc Azur, est sans contestation possible la protection balistique. Le châssis reçoit de nouveaux blocs de protection latéraux en blindage composite qui courent de la pointe avant du glacis à l’habitacle tourelle. Le bloc GMP et la face arrière sont recouverts de grilles à la manière du slat armor qui équipe les blindés américains et britanniques en Irak. Ces blindages assurent une protection contre les roquettes d’infanterie. L’arrière de la tourelle subit le même traitement. Les ingénieurs de Giat Industries ont profité des supports de grilles pour ajouter deux plaques horizontales solidaires de la nuque de la tourelle permettant de couvrir les persiennes de ventilation du GMP. Ces plaques empêchent les cocktails Molotov de se briser sur le compartiment GMP à l’endroit le plus vulnérable. Le même type de plaque protège la climatisation située sur le toit de tourelle. Le reste du char, arc frontal et côté de tourelle, est déjà protégé contre les autres formes de projectiles. Le Leclerc Azur sera une bête difficile à toucher et à neutraliser en zone compartimentée et complexe. Le blindage ne constitue que l’ultime rempart derrière lequel l’équipage se retranche après que toutes les autres formes de protection ont échoué, en particulier la forme la plus élémentaire de la protection active qui consiste à neutraliser le tireur adverse avant qu’il ne délivre son attaque. Pour ce faire, le Leclerc Azur voit sa panoplie DRI (détection, reconnaissance, identification) complétée par un dispositif de vision panoramique montée sur le toit de tourelle. C’est le système ODR d’origine israélienne (voir le n°235 de RAIDS, et qui restitue sous 360° une image de la situation autour du char. Grâce à cet optique panoramique, l’équipage peut détecter la présence d’hostile de l’engin en éliminant les nombreux angles morts qui existent classiquement sur n’importe char de combat. Les fantassins ennemis ainsi détectés pourront être neutralisés en utilisant soit des pots lanceurs tirant la munition Galix 4, soit le nouveau tourelleau de 7.62 monté sur le toit de tourelle. Ce dernier est une version adaptée de celui qui équipe les chars Leclerc des Emirats arabes unis. Il est muni d’une caméra CDD qui permet de tirer via un écran vidéo. Cette caméra complète les moyens DRI. Le choix du calibre 7.62 s’explique par ce que les opérationnels appellent pudiquement l’épouillage. L’épouillage consiste à tirer sur un char ami sur lequel aurait grimpé des fantassins hostiles. Les balles de 7.62 ne provoqueraient pas de dégâts sur la structure du char visé, contrairement à d’autres calibres plus importants. Le choix du tourelleau EAU s’est fait pour des raisons pratiques de délai et de réduction de risques. Si une version série devait être produite, Giat Industries chercherait sans doute des solutions alternatives plus optimisées auprès de divers fournisseurs. Ce tourelleau permet aussi de prendre à partie des cibles élevées qui se seraient réfugiées dans les étages d’un immeuble. En matière d’armement, il convient de rappeler que les chars Leclerc EMAT vont bientôt pouvoir tirer le nouvel obus explosif 120 HE doté d’une fusée impact/retard qui permettra la destruction des ouvrages fortifiés, bâtiment et retranchements. La dernière fonction de la configuration Azur est la communication, en particulier avec l’infanterie débarquée. Les chars de la génération précédente étaient classiquement dotés d’un téléphone d’infanterie sous la forme d’une boîte fixée à l’arrière du char et contenant un combiné relié au système d’interphone du char par un fil. Cela permettait à un chef de groupe de communiquer avec l’équipage pour désigner, par exemple, une cible à détruire. Mais cette solution présentait trois inconvénients majeurs. En premier lieu, le fantassin devait saisir le combiné alors que le char se trouvait à l’arrêt. Cela pouvait être très dangereux pour l’homme en raison des mouvements d’un char qui ignore sa présence à proximité. En second lieu,le fantassin pouvait être amené à se découvrir pour aller vers le char, ce qui le placé en zone de tirs ennemie. Enfin, le rayon d’action limité par la longueur même du fil du téléphone. Pour toutes ces raisons, la STAT a demandé à Giat Industries de développer un système sans fil de portée limitée. Les ingénieurs de Satory ont out simplement adapté la technologie WiFi aux besoins opérationnels. Ce système permet d’établir des communications avec les futurs FELIN numérisés, tout en préservant une grande liberté d’action avec le char qui les appuie. L’une des trouvailles les plus intéressantes des ingénieurs de Satory est sans conteste les paniers de ravitaillement fixés à l’arrière du char. L’astuce consiste à utiliser les porte-bidons de carburant pour accrocher des coffres dans lesquels les fantassins trouveront munitions, eau, nourriture et petits matériels divers. Le ravitaillement est ainsi délivré sans que l’équipage du char ait à sortir, et cela permet de ravitailler l’infanterie au plus près de la ligne des contacts, là ou d’autres véhicules moins protéger ne pourront jamais s’aventurer. Les essais que mènera la STAT au CENZUB permettront d’améliorer les capacités techniques de la version série du kit d’adaptation Azur que l’armée de terre souhaite acquérir afin de pouvoir équiper un ou deux GE40. Giat Industries pourra proposer d’autres technologies telles que les blindages de plancher ou les dispositifs de protection électronique associés, par exemple, aux détecteurs sonores de départ de coups. L’adaptation de munitions non létales tirées par les pots Galix fait aussi parti des extensions possibles du kit Azur. Après le M1 TUSK et le Leopard 2 PSO déjà par RAIDS (respectivement dans le n°229 et le n°236), le Leclerc Azur montre comment le char de combat peut s’adapter aux nouvelles conditions d’engagement, car il demeure la seule plate-forme suffisamment mobile, blindée et armée pour faire face aux pires menaces. Marc Chassillan JD MERCHET 04 Décembre 2016 à 16h31
Barkhane : Le chef d’état-major de l’armée de Terre souhaite toujours déployer des chars Leclerc au Sahel Lors de l’opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 contre les groupes jihadistes qui occupaient le nord du Mali, il fut question, pendant un temps, de déployer au moins quatre chars Leclerc. Puis cette idée fit long feu avant de réapparaître en 2016. À l’époque, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], avait évoqué cette option afin de renforcer la force Barkhane. Là encore, il n’y eut pas de suite. En février 2017, face à l’évolution de la menace, il fut finalement décidé d’envoyer au Sahel 16 Véhicules blindés de combat d’infanterie [VBCI] de 28 tonnes afin d’apporter des « capacités complémentaires à celles des blindés déployés jusqu’alors pour Barkhane. » Ce type de véhicule avait été précédemment retiré de ce théâtre d’opérations en 2014 (36 exemplaires avaient été jusqu’alors engagés). Puis, en mars dernier, il fut avancé que l’envoi de VBCI supplémentaire était à l’étude, l’objectif étant d’améliorer la protection des soldats et « d’adapter en permanence les modes d’action aux exigences opérationnelles. » Mais, visiblement, le général Bosser n’a pas renoncé à engager des chars Leclerc au Sahel. Du moins, c’est ce qu’il a affirmé lors d’une audition à l’Assemblée nationale pour évoquer « l’entrée de l’armée de Terre dans la Loi de programmation militaire » et dont le compte-rendu vient d’être rendu public. « Concernant le char Leclerc, je souhaitais qu’il soit déployé dans la bande sahélo-saharienne, car il offre un meilleur contrôle du terrain, une meilleure vision de nuit ainsi qu’une meilleure capacité de tir en roulant », a ainsi affirmé le CEMAT. « Je considère que si nous devons un jour faire face à un raid de Toyota, le char Leclerc, avec l’hélicoptère de combat, sera la meilleure réponse. Je n’ai donc pas changé d’avis », a-t-il ajouté. Cependant, déployer des chars Leclerc donne matière à débat. D’une masse de plus de 55 tonnes, doté d’un canon GIAT CN-120-26/52 de 120 mm à chargement automatiques (12 coups/minute) d’une portée de 4 km, de deux mitrailleuses (de 12,7 et 7,62 mm) pour armement secondaire et de moyens de recueil du renseignement, un tel engin exige une solide chaîne logistique pour être déployé. Si son aspect dissuasif ne fait aucun doute, son engagement au titre de Barkhane pourrait envoyer un signal politique susceptible d’être mal interprété. Ce dont a convenu le général Bosser. « Deux écoles s’opposent : l’une considère que l’effet est dissuasif, l’autre, que j’appellerai ‘syndrome de Sarajevo’, estime que lorsque l’on ‘met du lourd’ c’est que l’on est en train de perdre la guerre », a-t-il résumé, avant de demander l’appui des parlementaires pour trancher ce débat. Parmi ces derniers, le député Thomas Gassilloud soutient cette idée d’envoyer des chars Leclerc au Sahel. « Cela pourrait être un symbole dissuasif pour notre ennemi ainsi qu’un signe tangible et rapide de notre remontée en puissance », a-t-il estimé. Si, au printemps dernier, le général Bruno Guibert, l’ex-chef de la Force Barkhane, estimait que les groupes jihadistes étaient « aux abois » après plusieurs succès tactiques récemment remportés par les troupes françaises associées à leurs homologues maliennes et à des groupes armés signataires des accords d’Alger, les sénateurs de la commission des Affaires étrangères et de la Défense s’étaient montrés plus prudents, en considérant le contexte politique du Mali, les difficultés rencontrées pour la mise en place de la Force conjointe du G5 Sahel et les lacunes de la mission des Nations unies [MINUSMA]. « On voit bien le piège pour Barkhane : celui de l’enlisement. Une action politique et diplomatique vigoureuse est nécessaire. Je me propose de faire passer ce message très directement à l’exécutif français. Attention à ne pas mettre un espoir excessif dans le G5-Sahel. Si Barkhane s’en va, la région sera à nouveau menacée », avait conclu Christian Cambon, le président de cette commission sénatoriale. + http://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2016/01/moderniser-ou-reconstruire-le-leclerc.html réponse en diagonale –> « …Mais Scorpion ne saurait se cantonner à la seule partie « visible » de son spectre, à savoir les Griffon, Jaguar, Serval et autre système SICS. À l’image d’une maison, ces briques technologiques ne donneraient rien sans un ciment unificateur, autrement dit une doctrine d’emploi robuste, cohérente, pertinente. C’est ici qu’intervient le CDEC. … » + Le char Leclerc et les drones + L’armée turque renforce la protection de ses chars Leopard 2A4 » « Le blindage combine une protection réactive et passive », explique le quotidien Daily Sabah [proche du pouvoir]. Mais cela s’est traduit par une important alourdissement du char, sa masse étant passée de 55 à 62 tonnes [soit autant que la version A6M du Leopard 2]. Pour autant, assure le journal, « le franchissement d’obstacles et les tests de mobilité sur le terrain ont été réussis. » Et d’ajouter : « Il a été prouvé que malgré l’augmentation de la masse, il n’y avait aucune perte de puissance opérationnelle ». Ce qui reste à démontrer… à moins que des modifications aient été apportées au moteur et au système de freinage… Quoi qu’il en soit, les premiers des 40 Leopard A2 ainsi modernisés seront livrés à l’armée turque à partir d’octobre. A priori, d’autres devraient suivre par la suite. » + Commentaire de « vno Les turbo-machines de l’époque, c’était Turbomeca non ? Fleuron industriel stratégique qui a bénéficié des bienfaits de l’Europe comme d’autres fleurons Français et de nos médiocres élites tarbaises en échange d’un poste de ministre … et n’existe plus que comme caution industrielle, mais comme valeur de portefeuille sous un autre nom. Forcément pour gaver les banquiers honnêtes qui fleurent le bon coup ( pas vraiment des investisseurs ) cela coûte des milliards. Sauf que … quelqu’un pourrait expliquer dans quelle activité a été redirigé le moyen industriel ? Pas entendu dire qu’on ne produit plus de pièces pour les hélico et les APU. Les machines automatiques que j’ai vu tourner sont reconfigurables en quelques minutes ! A l’époque le problème des Leclerc Français était un problème de filtres et donc une maintenance hors prévisionnel très importante sans stocks de pièces acheté suffisant. Donc dispo catastrophique après quelques années. Les obsolescences de l’ électronique analogique et les composants introuvables se sont probablement rajouté depuis. La déflation des effectifs a permis de réduire le parc au détriment de l’investissement d’origine et de faire bonne figure dans les rapports pour rendre la dispo présentable en oubliant de préciser que pour obtenir cette dispo on cannibalisait le parc des véhicules en « réserve » faute de budget. Un peu comme si parce que vous avez cassé le turbo par votre faute sur votre voiture neuve vous envoyez la voiture à la casse, il reste celle de votre femme dont vous êtes divorcé, en espérant que votre garagiste malgré votre insolvabilité organisée va vous donner une voiture neuve complète pour la remplacer. D’ailleurs en passant, le contrat sur les Rafale Croate à mis en évidence un système qui ressemble étrangement. On ne commande pas suffisamment de rechanges, on cannibalise discrètement des avions neufs en réserve pour rester dans une LPM qui ne tient pas la route pour ne pas passer pour des incapables. »
https://www.lopinion.fr/international/lukraine-illustre-le-fiasco-du-char-leclerc-francais
https://blablachars.blogspot.com/2020/02/lengagement-des-chars-en-syrie-et-au_7.html
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