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Travail, Chomage, Esclavage vision d’un Outsider

Première édition

Du même auteur
Multiculturalisme réel avis d’un méridional, Recueil I, 2012

Un homme honnête est un homme mélangé.
Montesquieu

Sommaire

  • Introduction
  • Nature du contrat de travail
  • Réaction à la dernière réforme du marché du travail
  • Les CDD
  • Destructions créatrices
  • Chômage volontaire
  • France championne du salaire minimum
  • Anticapitaliste français
  • Témoignage
    Trente glorieuses
    De la première crise pétrolière aux années 90
    Eres du net
    L'entraide dans le travail
  • Conclusion

Préambule

Réponse à  l’ouvrage "Chômeurs ou Esclaves le dilemme français" - SIMONNOT

Rappel de son sommaire

• L’anticapitalisme français
• Remonter au code civil
• Nature du « contrat de travail »
• Chômage involontaire
• La France, championne du salaire minimum
• Causes de la faiblesse syndicale
• Chômage volontaire
• Les 35 heures
• Destruction créatrice
• Les CDD

Introduction

Quel désarroi en lisant M.SIMONNOT (Chômeurs ou esclaves le dilemme français, 2013) !

Je m’attendais à être étonné par des sources cachées, des trésors que l’histoire nous réservait, cachés dans son grenier.

En fait c’est surtout un pamphlet qui annonce des choses étayées chichement d’un point de vue littéraire; uniquement par des chiffres.
Voulant me cultiver j’attendais des références, des analyses techniques ou des faits historiques méconnus.

C’est donc sans remords que j’utilise le même style et que je suis la structure de l’ouvrage mentionné ci-dessus.

L’auteur est un Outsider, encore assez frais le soir pour écrire; et donc participer à la réflexion de M.SIMONNOT.

Pour bien commencer prenons les choses à l’envers.

Nature du contrat de travail
Introspection
Avis au lecteur cette partie peut être dérangeante.

Pour respecter la méthode dite « de la pensée complexe de E.MORIN », je me dois de faire une petite introspection avant de tenter de comprendre la réalité objective et subjective du travail.

J’ai du mal à me dépêtrer des principes, parfois culturels, suivants :

• « Tout travail mérite salaire »          C’est écrit dans la bible, difficile de faire plus spirituel et irréfutable sic.

• Par observation empirique je constate que « tout le monde a un maitre ».
Cela induit donc que quoi que l’individu fasse il se trouvera devant quelqu’un ou quelque chose qui contraint la propre objectivation de son travail; du « con de contremaitre » à « ses bœufs de contribuables » ! Le tout est de placer les individus dans un contexte où cette réalité les épanouit.

• J’ai la conviction que dans la vie professionnelle tous les métiers peuvent s’harmoniser pour peu qu’il y ait une écoute des différents langages.
Est-ce dû à mes origines méridionales ? Est-ce de la naïveté ?

• La gestion des hommes est un métier.
Par contre j’ai rarement rencontré des leaders naturels à ce niveau de responsabilité; ce qui me conduit à penser que le leadership lui est un don naturel.

• L'échange est la base de tout en société; mais chacun doit être traité avec dignité et intégrité par respect pour Soi-même.
Le commerce, la richesse ne sont pas mauvais par principe mais pour le dernier elle demande partage.

• Un ensemble de métier qui concourt à la réalisation d’un ouvrage n’a pas nécessairement besoin d’une autorité régulatrice indépendante et autonome des métiers pour arriver à un optimum technique et ou économique.
Est-ce l’ère du temps, l’idéologie ne nous apporte pas une réponse satisfaisante pour pouvoir expliquer ce mode de penser actuel.

• Au final ce n'est pas la compétition ou la concurrence qui font gagner de l'argent mais la maîtrise du savoir propre à chaque métier. Ce savoir est caché !
C’est ce que je pense être « le rite de passage » du travail. On peut exercer quelque chose mécaniquement mais il y a pour certains une prise de conscience qui conduit à dépasser la perception centrée sur la subsistance.

• Donc si chacun garde son rôle, écoute les intérêts de chacun et pense au bien collectif (et non a « esclavageant » certains), cela peut avancer.
Suis-je saint simonien de la dernière heure ?

La principale autocritique de ces points d’éthique, est que ma pensée tend à favoriser les organisations de type fédératif à engagement fort.

On peut y mettre les fraternités, les gangs, la mafia, les syndicats; bref des organisations parfois jugées comme immorales.

Ensuite, intellectuellement, l’ensemble peut paraitre contradictoire.

Est-ce une opinion qui est dans le vrai (i.e. : dans le sens de l’histoire) ou est-ce le reliquat d’anciennes influences (civilisations) qui résistent à l’idéologie dominante ?
Seule la vie nous permettra d’en juger si elles étaient dans le vrai.

Enfin, on me répondra que la loi Le chapelier a mis fin à cette structuration par métier, du monde économique.
On ne pourrait donc plus penser le monde de cette façon.

Les révolutions industrielles ont fini d’achever la prédominance des corporations de métiers pour produire et réaliser.
Seul pourrait prédominer la production dite de masse, dans un monde globalisé sans intermédiaire.

C’est-à-dire que l’idéal métaphysique révolutionnaire serait l’aboutissement de la marche du grand capital. Chaque penseur économique appliquant ces idéaux avec plus ou moins de sincérité.

L’individu, face au tout (environnement naturel ou pas) serait nourri par des mécanismes non-humains.

L’exercice du métier est libre de nos jours mais chaque activité a des contingences que chacun doit surmonter s’il décide d’exercer telle ou telle activité.
Par exemple, il y a de forte chance qu’un commercial soit itinérant ou qu’un éboueur soit soumis au travail de nuit. On appelle cela les contingences.

Voilà pour le travail mais pour l’économie ?

Et bien l’industrie propose des produits qui répondent à des besoins ou les génèrent. Ces produits ont des limites fonctionnelles. Personne ne peut s’en affranchir simplement parce qu’à un moment donné, un produit a des capacités données.

Trésors d’histoire entre esclave et chômage

Une recherche usuelle, par les moyens du commun, m’a amené à découvrir certains ouvrages qui répondent à cette affirmation de l’auteur.

Droit et bon droit. Un droit des ouvriers instauré, puis évincé par le droit du travail (France, XIXe siècle) , Alain COTTEREAU

Histoire des théories du management en France du début de la révolution industrielle au lendemain de la première guerre mondiale, Bernard GIRARD

Le déclin de Rome et la corruption du pouvoir, Ramsay MACMULLEN

Les métamorphoses de la question sociale, Robert Castel

A travers ces références de lecture chacun est libre de se faire son opinion.

Si je suis le fil de la réflexion de M.SIMONNOT il est très clair que l’histoire du droit semble suivre une lutte contre l’esclavage. Néanmoins faire du chômage l’autre pôle de son développement parait bien moins solide, voir irrationnel.

D’abord en économie classique on ne considère pas vraiment cette opposition. Nulle part, nous entendons qu’une société où le travail est fait uniquement par des esclaves est une société sans chômage (chômage involontaire pour les non-esclaves et ou les esclaves).
Ce n’est pas une référence de comparaison dans les modèles contemporains.

Ensuite dire que les dispositions réglementaires pour empêcher l’esclavage légal conduit à un chômage massif reste à démontrer. Le déroulement du raisonnement est en phase avec une opinion admisse usuellement en France mais il n’en demeure pas moins que nous n’avons pas de preuve.

Par exemple, avoir un niveau macroscopique de 5% de chômage (suivant la définition qui arrangerait les institutions sic.) permettait-il de dire que les travailleurs spécialisés à bas niveau de salaire ne sont pas des esclaves de leurs métiers ? Quid des reconversions possibles et de leurs libertés vis-à-vis de leur employeur ?

Mais laissons donc les experts débattre, Mon propos, à la suite, sera plutôt philosophique.

Pour s’extraire d’une vie végétative; il est normal de penser que l’être humain doit travailler. Il n’y a rien, par contre, qui impose un rythme. Dans cet état de survie, le résultat prime sur tout.

La société, l’association d’êtres Humains pourrait, elle, imposer des modalités. Mais nous pouvons convenir que c’est un fonctionnement organique.

D’un point de vue minéral ? Par exemple en physique nous avons tout un langage dans lequel le mot travail se place. Il y a les mots de puissance, de chaleur, de rendement, de durée et d’espace.

Faut-il trop travailler quand il fait chaud ?

Beaucoup de sociétés ont perpétué des mœurs douces, savoir se ménager. Nous pouvons donc convenir que selon la température extérieure au corps, siège d’une symbiose, une certaine durée de travail est préférable à une autre.

Maintenant prenons une pente raide et concevons que la législation du travail a été instaurée pour protéger ceux qui vivaient l’insécurité de situation dans le cadre d’une société contemporaine organisée.

Admettons aussi qu’il y ait une situation inconfortable à vivre; une situation où un tiers analyse le résultat du travail, le rémunère et impose la façon dont le travail doit être effectué.

Cette situation mérite bien une redevance qui se passe de formalisation.

Comme les marins de l’époque révolutionnaire n’ont jamais formalisé que le droit de la soumission (offert aux capitaines) était devenu caduc !

Comme les généraux de l’empire romain n’ont jamais formalisé qu’ils représentaient l’empire et que leur droit de prédation était légitime.

Critique de la Conclusion de M.SIMMONOT

L’agitation médiatique Française est dramatique parfois.

Surtout quand nos élites (dont M.SIMONNOT) se contentent de critiquer sans jamais faire des propositions constructives, sans jamais dire « comment on fait, comment on applique ».

Philippe SIMONNOT introduit beaucoup d'idées contemporaines sans vraiment les pousser plus loin.

Cela fait mal pourtant, en anarchiste libéral, d'être d'accord avec certains de ses points de vue. Bizarrement, nous n’en arrivons jamais à la même conclusion !

Je vais donc, dans cet ouvrage, affirmer une opinion. Dire que ça, n’est que ça, une opinion; et surtout pas une vérité figée et absolue.
Réaction à la dernière réforme du marché du travail

Je m’interroge grandement sur l’utilité de cette réforme et sur son aspect social.

Flex sécurité

Rassurons les salariés de droite et de gauche, de nos jours on ne perd pas ses droits au chômage quand on travaille.
Il suffit simplement de bien le déclarer au Pôle Emploi que l’on est à la recherche d’un emploi chaque mois.

Comme pour moi et d’autres, une réévaluation de cette aide est faite quand pendant une longue période de chômage on travaille quelques mois.

Ce serait proprement injuste que l’on perde tous ses droits pour un mois d’activité. Il va donc falloir nous expliquer la nouveauté de cette réforme (c'est écrit en mars 2013) ! ?

Nota : Au final ci-dessous la loi adoptée par le parlement, qui après les amendements, constitue bien un progrès pour les citoyens d’un point de vue « administratif ».

9 avril 2013 - Article 6
Art. L. 5422-2-1. – Les droits à l’allocation d’assurance non épuisés, issus de périodes antérieures d’indemnisation, sont pris en compte, en tout ou partie, dans le calcul de la durée et du montant des droits lors de l’ouverture d’une nouvelle période d’indemnisation, dans les conditions définies dans les accords relatifs à l’assurance chômage mentionnés à l’article L. 5422-20.

De fait la flex-securité existe et existait en France, en comparaison à d’autres pays latins.

Licenciement économique

Cette réforme nous dit en fait, « qu'on a pas le choix » et en plus « que c’est un progrès ».

Finalement en créant une situation où l’on peut, malgré un contrat, faire baisser le salaire des employés; ou automatiquement mettre fin au contrat sans négociation; on va dédouaner l’entreprise de toute responsabilité sociale.

Il est grave de ne pas s’émouvoir du coup de canif, qu’elle apporte, dans le droit du travail.

Plus la peine de faire progresser ses salariés, d’assurer les transmissions intergénérationnelles, d’intégrer dans la vie active les jeunes; puisque « c’est la crise ».

Ou pourrait presque le prolonger à sa vie de famille. Peu importe, si l’entreprise est partie prenante de cette crise.

Peu importe, si une entreprise subit une mauvaise gestion et est sanctionnée par le marché économique (et non le marché financier).

Le plus candide des lecteurs comprendra qu’on permet ici aux multinationales de faire encore de l’optimisation fiscale.

On facilite juridiquement la réalisation des plans sociaux sans maintien du tissu industriel sous couvert de convergence avec l’Allemagne, et sans leur partie « démocratie en entreprise ».

Les lecteurs qui ont été licenciés, durant une des crises de notre époque, savent bien que les plans sociaux c’est la fin d’une période de « dégraissage » et non le début.

Quels avantages pour les salariés dans cette réforme ? La mutuelle.

C’est anecdotique, cela n’apporte rien pour changer de contexte économique.
Donc au final, on contrarie la logique du droit contractuel. Elle est, quoi qu’on en dise, ce qui cimente la confiance dans l'échange commercial (après la culture qui nous uni).

Les ressorts de la croissance & réformes

Les grands groupes patriotes devraient au contraire, soit augmenter les salaires, soit embaucher plus.

Peut-être cherche-t-on une détente pour faire une convergence avec l’approche allemande ?

Si on se met à la place d’un décideur étatique, on peut observer que quand on a allégé dans un pays la formalisation écrite de la relation du travail on a constaté une diminution du taux de non-emploi.

C’est malheureusement cantonner la réalité à des chiffres, en espérant que c’est effectivement ce qui va se passer (baisse du chômage).

S’il y a une chose à faire pour donner de la fluidité au marché du travail, c’est surtout de donner le droit au chômage aux salariés qui démissionnent (en préservant les niveaux d’allocations actuels).

Cela résoudrait le problème du harcèlement au travail.

Cela créerait de la confiance dans la relation employeur-employé.
Cela mettrait les entreprises en situation de compétition face aux personnes qualifiées.

Il faudrait aussi revoir le rapport entre les grands groupes et leurs retraités, une minorité étant payée contre prestations.
Le travail bénévole pourrait être ici une imposition, alors qu’à l’opposé, d’autres, comme les travailleurs sociaux méritent eux un vrai revenu.

Enfin il faudrait injecter plus de démocratie dans le monde de l’entreprise. Non pas par mimétisme avec le régime politique actuel mais pour instaurer un espace de créativité et une force fédératrice légitime.

Que ferons-nous quand nous atteindrons le soit disant « seuil de compétitivité international » ? Rien; car nous aurons découragé en France l’engagement dans excellence...

Les salariés n’auront toujours pas droit de cité dans les entreprises. Et leur seule responsabilité se bornera à avoir fait augmenter les rendements du travail; donc de faire baisser le nombre de salarié pour un travail donné.

Voulons-nous une société peuplée d’experts nombriliques ou une société innovante et intelligente ?

Avec une crise longue, avec l’absence d’embauche, on invite les citoyens payeurs d’impôts à ne plus investir, à ne plus consommer, à investir leurs énergies créatrices au sein de l’entreprise.

Favoriser la baisse des salaires (en pouvoir d’achat absolu) ne fait que renforcer cette tendance. Nous allons vers une remise en cause de l’échange ciment d’une civilisation.

L’avenir

Ne soyons pas trop pessimistes sic. Les grands groupes, qui ne paient pas d’impôts, malgré de merveilleux bénéfices; licencient, malgré d’énormes aides de l’état pour favoriser l’emploi; vont bientôt quitter la France pour optimiser leurs finances sic.

Ce sera bientôt dans le privé la fin du management par le stress, des organisations qui vont à l’encontre du bon sens, et des discours sans sincérité.

Les CDD

L’état montre le mauvais exemple. Il abuse des faux CDD, qu’il reconduit éternellement pour une grande quantité de jeunes.

Que dire des contractuels du ministère de l’immigration; ont-ils pu construire une compétence particulière avec le changement de majorité ?

L’état montre le mauvais exemple mais les entreprises suivent à grands traits.

Remémorons-nous bien l’histoire professionnelle de nos enfants, le recours parfois massif des entreprises aux stagiaires, aux intérimaires mais surtout à l’externalisation.

C’est-à-dire pour cette dernière forme au remplacement d’un rapport social en une relation contractuelle. Nous n’avons plus ici des salariés mais des prestataires. Ces sociétés de « prestations » sont le premier employeur d’ingénieurs en France.
Et cela n’échappera à personne qu’il n’y a aucune contrainte légale sur le moment d’une rupture de contrat (à contrario d’un contrat de travail). On a déjà constaté le reclassement, par les prudhommes, d’un contrat de prestation en contrat de travail.

« L’existence d’une relation de travail ne dépend ni de la volonté exprimée par les parties ni de la dénomination qu’elles ont donnée à leur conven¬tion mais des conditions de fait dans lesquelles est exercée l’activité des travailleurs »
(Cass. Soc., 19 déc. 2000, n° 98-40.572)
Au final peut-on dire que le CDD est vraiment employé par les entreprises dans l’esprit qui a présidé à sa pragmatique instauration ?

Les réalités de la compétition

Pour comprendre d’où vient le niveau du chômage, je m’étonne qu'aucun économiste n'ait envisagé une explication pourtant évidente (et que l'on lit implicitement dans certains medias).

Sans enlever la pertinence des explications traditionnelles, il me semble que l'on peut trouver une réponse dans l'organisation sociale des entreprises.

L'entreprise n'est pas majoritairement un modèle de démocratie en France.

Parler de rapport de force social n'est pas un vain mot car nous pourrons constater des différences de traitement entres employés.
Certains subissent le chômage tandis que d'autres sont rarement inquiétés quant à leurs niveaux de prestation globale par rapport aux postes qu'ils occupent.

Nous pourrons faire remarquer que l'exemple vient d’ailleurs, combien de fois l’état est-il venu au secours d'entreprise aux méthodes économiques contestées ? Les actionnaires ne font-ils pas la même chose ?

C'est enfoncer une porte ouverte que de dire que la vie en entreprise n'est pas majoritairement en France régie par des modalités démocratiques.

Le management par le stress, les prud’hommes surchargés et autres, sont là pour nous le rappeler.

C’est la comparaison avec l’Allemagne qui permet cette analyse; la comparaison sur les modalités de prise de décision au cœur du métier des entreprises.

Le grand paradoxe de ce « monde de l’entreprise » c'est qu'il est très hétéroclite. Et que même si une entreprise a un comportement vertueux en interne, elle ne peut offrir qu'une quantité limitée de postes.

Quel rapport entre démocratie et chômage de masse dans notre pays?

Et bien c'est le besoin des entreprises « d’employés » en phase avec le régime (ancien?) de l'entreprise.

Au final elles privilégient des individus qui ne s'associent pas; qui n'adoptent pas un questionnement personnel du type citoyen; qui ne cherchent pas à améliorer les choses pour le bien commun.

Bref des employés qui ne vont pas remettre en cause la légitimité de la structure hiérarchique.

Quel abime entre l’imaginaire du monde du travail anglo-saxon, où suivant sa prise d’initiative on voit son salaire suivre sa réussite, et la France !
Une fois qu'on aura saisi cet état de fait, diffèrent de ce qui se passe ailleurs dans le monde, on pourra très bien faire le lien avec les explications traditionnelles.

Alors que la mode de la soumission est imposée aux salariés, on pourra comprendre une attitude du côté de l’employé qui vise à ne pas accélérer la reprise d'emploi, à ne pas rechercher la mobilité (pour préserver son réseau d'influence) etc.

Bref à se reposer pour pouvoir durer dans un environnement usant et peu naturel. Constat que faisaient beaucoup de préretraites il y a quelques années. Voilà une réponse pour des économistes qui n’ont pas envie de savoir les faits.

D'ailleurs il faut aborder le sujet des facilités de mobilité qui ont eu tendance à baisser en France. Nous parlons bien du prix des loyers ou des facilités de vente de maison.
Pour bien montrer que d’autres pressions (adressées aux politiques) sont supérieures à celle sociétale du besoin d'aide à la mobilité; regardons ce qu’on a fait pour augmenter le parc de logement contre la spéculation immobilière ?

Les loyers élevés, parcs locatifs peu abondants, ne favorisent pas les salariés mobiles. Etrangement beaucoup d’Hommes de pouvoir sont nantis de biens fonciers.

Destructions créatrices

Paul JORION disait le 14/10/12 sur France 3, « le travail disparait », l’idéal occidental d’une société robotisée avec des esclaves mécaniques qui font le travail à notre place nous entraine vers la disparition du travail.

Le travail disparaît et on le veut bien; on a même avalisé que certains genres de travail étaient inutiles et dégradants.

Pourtant c'est (et c'était) du travail ! Pire: c'est maintenant le client qui effectue gratuitement ce travail qu'on trouve inutile.

La polémique politique réside dans cette question : pourquoi cette richesse produite par ses automates n’est pas répartie équitablement dans la société ?

Petit retour sur terre

« Destruction créatrice » voilà bien le retour de l’Arlésienne qui suit généralement celle du « il faut fluidiser les licenciements ».

Modèle de l’esprit qui se transforme souvent en vérité chez les commentateurs médiatiques.

Mais heureusement que M.SIMONNOT peut avec optimisme annoncer ce qui suit : « D’où une croissance nette de l’emploi annuel de 0.5% par an (entre 1970 et 2000). »

Pourtant cette belle affirmation (sans aucun doute vrai), qui l’a comparé au nombre annuel de diplômés ? Là le constat est bien moins glorieux pour le modèle de destruction créatrice.

Lisons, La guerre des deux France : Celle qui avance et celle qui freine (Jacques Marseille, Poche, 2005) et on se rend compte qu’en fait pendant de très nombreuses années la France a engendré un très fort courant d’émigration.

Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de débouchés, de croissance suffisante en France pour employer les nouvelles générations (depuis plusieurs dizaines d’années).

Et si on a pu lire ici ou là, que le plein emploi était attendu en 2008. On a pu surtout constater que les entreprises comme les acteurs du marché financier anticipent, sans volonté de créer de l’emploi.
Il n’y a qu’un pas, pour dire aux nouvelles générations, « vous êtes dynamiques, créez votre propre travail » sic.

En fait ce type de discours vise à dédouaner certains d’assurer la suite. C’est-à-dire celui de transmettre. Je parle ici, de la transmission de savoir être, comme de transmission d’entreprise ou de capital.

Aucune génération ne s’est auto-engendrée elle s’est bâtie sur les luttes réussies ou pas des précédentes. Il est donc nécessaire de rappeler qu’après avoir reçu, il faut donner.
Le bénévolat me semble donc une solution à ce déficit de transfert intergénérationnel. Cela redonnera toute sa force à la loi et à l’action politique.

Autrement dit, dans un langage financier, le capital emmagasiné par les anciennes générations doit se transformer en activité pour mettre au travail les nouvelles.

La fiscalité peut tout à fait être utile ici, par exemple en relevant les taux d’imposition des entreprises sur leurs revenus du capital.

L’adversaire n’est pas la finance, ni le fait de pouvoir constituer un héritage. L’adversaire est le chiffre en lui-même. Le chiffre qu’on érige en totem (par exemple celui du 10% de rendement du capital).

Comprenons-nous bien tant que la logique financière (qui peut être justifiée pour financer les retraites ou autres) détruit de l’emploi il n’y a aucune raison de favoriser la thésaurisation.

Retour aux sources de l’entreprise

Oui, l’entreprise parce qu’elle existe de façon comptable doit générer des bénéfices.

Oui, une entreprise parce qu’elle est une entité vivante doit consommer des ressources (qu’elle transforme en autre chose).

Oui, son origine tient dans le mot entreprendre.

Les entreprises étaient aussi à l'origine des idées, des rêves, une union autour d’idéaux, de pratiques ou d'attitudes, avec des objectifs.
C’est donc aussi une aventure.

L’entreprise n’est pas qu’un instrument de pouvoir, où on reproduit les hiérarchies sociales « civiles », comme c’est le cas trop souvent de nos jours.

C’était aussi un lieu où on inventait.

Tentons une définition, un (ou une) entrepreneur c’est un individu qui autour de son idée, réussit à vendre sur le marché quelque chose qu’il a réalisé grâce à ceux qui ont donné gratuitement son énergie pour rendre concret cette idée.

Dans mon raisonnement, il est évident que pour l’instant ce qui génère du travail de masse c’est l’entreprise, quel que soit son statut !

Il semble que l’ancienne révolution industrielle avait instauré une sorte de contrat social entre les dignitaires de l’ancien régime et le « peuple » de la Nation.

On avait vu des nobles s’investir dans les affaires, créer des manufactures.

Bien sur la France était Colbertiste mais au final peut-on dire que cela a rendu le peuple plus esclave ? Non car globalement nous sommes plus nombreux, les talents se sont affinés et potentiellement toute la culture est accessible à l’échelle d’une ou deux générations.

Chômage volontaire

Oui, ne nions pas le chômage volontaire pour expliquer la réalité mais commençons par traiter les choses de façon réellement globale.

Il faut donc commencer par poser tous les paramètres.

Dire qu’un grand auteur travaille sans compter ou qu’un autre est fainéant c’est en rester aux choses grossières.

Combien de temps cet auteur de génie a-t-il chômé dans sa vie ? Combien de temps son œuvre a-t-elle mis pour arriver à maturation ?
Cela on le néglige, il faut bien vivre entre temps.

Le raisonnement doit donc porter sur comment on fait une société où on peut vivre dignement quitte à être médiocre toute sa vie.
Il y a beaucoup d’intellectuels en France et beaucoup de points de vue. Il y a toute la matière pour construire et créer une société qui s’adapte dans les idées à ce que nous vivons.

État des idées

Conjoncturellement tout le monde sait que le pouvoir d'achat absolu ne peut que baisser. Il est loin le temps où des générations (des trente glorieuses) amoncelaient maisons, terrains et objets de consommation.

S’il y a tendance à rapprochement des façons de vivre, dans le monde, nous nous rendons compte qu’il va falloir partager. Rien ne dit que la destruction créatrice est un concept vrai dans un contexte mondial.
Mettre son voisin au travail ne nous enrichit il pas plus au final ?

Comme cela a été dit ailleurs, notamment par M.ATTALI, le temps est venu de faire des choix.

Voir même, nous vivons une époque « du choix ».

En étant lucide, les choses ne sont pas trop graves, le niveau d'équipement des ménages est suffisant pour vivre. On le voit dans la baisse de la part de l'alimentaire dans le panier des ménages.

L'industrie s'adaptera en mettant sur le marché des produits moins chers de moins bonne qualité, mais qui pourront faire « effet de mode » en France.

Les variables du marché et du travail

La précédente partie a eu l’avantage de présenter un tableau de la situation. Parler du coût du travail rentre seulement dans une logique comptable.

La réflexion devrait porter aussi sur le pouvoir d’achat.

Qui génère le pouvoir d’achat ?

La monnaie en elle-même porte le pouvoir d’achat.
Nous nous en rendons bien compte quand nous voyageons. Nous rencontrons bien des personnes compétentes qui sont payés au salaire de « leur pays » pas sur la base d’un salaire universel.

De même sans tomber trop dans le Fordisme, l’entreprise fait le pouvoir d’achat. Elle rémunère des employés pour un travail; employés qui sont acteurs dans le marché de la consommation. Avec un certain rendement l’entreprise quantitativement alimente son marché.

Mais l’entreprise est aussi un lieu de lien social elle initie des modes de consommations, voir même motive des progrès au niveau des outils de consommation.

Un dernier paramètre c’est nous même.

C’est nous qui donnons la valeur à une chose, un service etc. Nous sommes les acteurs du pouvoir d’achat en considérant que l’Etat est une délégation de notre souveraineté.
L’état est peut-être même à l’origine de notre autonomie personnelle.

La liste des paramètres n’est sans doute pas exhaustive et cela n’est pas mon rôle de la finaliser. Néanmoins nous pouvons ici percevoir le mécanisme.

Les choses sont dynamiques et imbriquées. On parle de chômage parce qu’on conçoit l’Etat providence.
Sans cet Etat pas de violence régulée, pas de confiance dans les échanges.

S’il n’y a pas de providence alors on peut laisser rationnellement ses intérêts prendre le dessus. L’entreprise détient des biens auxquels elle refuse de donner l’accès à la majorité. Alors qu’est ce qui empêche de se servir ?

Sans providence qu’est ce qui empêche de réguler collectivement les prix et les salaires ? Pourquoi accepter d’être payé au salaire fixé par l’employeur ?

Pourquoi est-ce une minorité qui décide; quels biens de consommation sont un marqueur de réussite sociale ?
France championne du salaire minimum
De fait le contrat de travail, écrit, n’aurait pas d’intérêt s’il n’y avait pas eu des intervenants qui n’avaient pas refusé de rémunérer un travail.

Il en est de même pour le principe de « bien commun », si certains ne l’avaient pas mise en cause dans les actes il n’y aurait pas eu besoin de le formaliser par écrit.

C’est donc le raisonnement inverse qu’il faut avoir avec le rapport à la bureaucratie et aux discours dominants.

Diminuer les contraintes réglementaires sur les entreprises formellement, diminuer la pression fiscale n’est bénéfique que si ces dernières ne remettent pas en cause le « bien commun ».

Marché du travail

Il me semble que le marché du travail est, en soit, un bien commun.

Parce qu’il permet de créer la richesse et de transformer.
Certaines théories économiques parlent de redistribution.

Le véhicule monétaire (liquide) la monnaie d’échange, droit à consommer pour plus tard, n’est qu’un intermédiaire éphémère.
C’est d’ailleurs typiquement, comme cela que cela fonctionne tous les jours dans les banques. Un prêt invente de la monnaie qui disparait une fois le prêt remboursé. Le prêt est en soit un acte optimiste car il place sa confiance dans l’avenir.

Au final le travail n’est positif que quand il se finalise dans la transformation en acte.

Dans le cas contraire, il n’y a aucun gain de productivité, aucune création de richesse macroscopique, même si de façon comptable on a l’impression qu’il y a gain.

Il y a nécessairement un sacrifice puisque l’objet n’aura jamais son prix réel, celui que l’acheteur lui donne.

Comme le salaire sera toujours nécessairement insuffisant ou sur numéraire; sacrifice et non destruction !

Le capitalisme lui-même pouvait être perçu en Hollande protestante (que décrit Max WEBER) comme un vœu de renoncement futur.

Economiser c’était être capable de se tempérer de consommer avec équilibre.
Peut-on encore dire qu’en France on paie trop la majorité des salariés ?
Cela dépend du prix des produits qui sont sur le marché, produits inventés par les entreprises.

A l’heure où, on admet que « c’est l’offre qui fait la demande », il faut savoir remettre les concepts médiatiques à plat.

Faiblesse syndicale

Il n’est pas idiot de dire que l’invention des revenus minimums a été l’aboutissement de ce qui avait engendré le syndicalisme lors de la première révolution industrielle.
De là à dire que c’est le RMI qui détruit le syndicalisme ! ?

C’est intelligent mais malheureusement pas suffisant.

Il me semble qu’il y a des raisons plus profondes qui ont conduit l’état à remplacer les acteurs du monde de l’emploi (lors de l’instauration de la IV puis de la V république).

Il semble aussi que si l’Allemagne n’a pas de minimum salarial c’est parce que c’est socialement acceptable. C’est aussi parce que le prix des loyers est « bas » par rapport à la France.

Anticapitaliste français

Anachronisme, les révolutionnaires ne connaissaient pas l’industrialisation. Ils devaient plutôt penser au travail agricole. Lutter contre l’esclavage c’était faire des citoyens. C’est-à-dire un partenaire de plus qui affirmait sa souveraineté.

Alors qu’il faut du courage pour changer les lois en France, ailleurs on parle simplement de faire son travail (à lire Du bon usage de la guerre civile en France , Jacques Marseille, Poche, 2006).

Quand mettrons-nous nos lois en phase avec le monde civil ? Il n’y a que depuis quelques mois que les femmes ont le droit de porter le pantalon.
Quand admettrons-nous qu’il faut faire moins de loi ?
Passer par des accords écrits conduit à intégrer de la conflictualité dans les échanges au quotidien. Le droit tempère les actes extrêmes soit, mais l’accord n’a pas besoin de formalisation.
L’amour a-t-il besoin d’être écrit ? Oui j’aime ma concubine de couleur.

Bref trop de loi dénote une faiblesse de communication sincère.
Pourquoi demander systématiquement une formalisation quand beaucoup d’actes commerciaux se font sans problème ?

Donc on conviendra qu’entre principe et application les choses soient alambiquées comme le dénonce M.SIMMONOT. Mais c’est une construction intellectuelle avec un souci de concilier philosophie, vie réelle et droit.

Il y a donc un principe actif qui a fait que nous nous sommes contentés de ce fameux code du travail.

Ce travail alambiqué a réinventé le « bien commun ». Et il a fallu beaucoup d’énergie et de sacrifice pour y parvenir.

Témoignage

Je me dois à la suite de témoigner de mes échanges avec les anciens (dits et non-dits). De témoigner sous la forme d'une formalisation de l'évolution du rapport au travail en France.

A tout faire, distinguons le domaine professionnel et le domaine citoyen. Car dans le domaine citoyen nous parvenons à percevoir « un régime politique », pour autant dans le monde de l'entreprise il est difficile d'affirmer « nous sommes en monarchie » (par exemple).

Le paradoxe dans le monde de l'entreprise privée c'est son extrême fragmentation.

Suivant l'activité de l'entreprise l'évolution chronologique décrite ci-dessous est plus ou moins ralentie, selon aussi son niveau d'organisation (voir de bureaucratisation). Disons le tout court selon son niveau de marge commercial.

A côté de cela la France a aussi une spécificité qui tient dans l'existence d'un marché du travail dit « public ». Les citoyens ont donc des sujets de comparaison entre plusieurs modes d'organisation et ne se privent pas de le faire.

Trente glorieuses

L'individu travaille au sein d'une entreprise paternaliste. Il existe bel et bien une progressivité qui donne à un individu une perspective pour toute sa vie. Dans le rapport de domination existant dans l'entreprise persistent des notions de légitimité et de compétence.

Cette progressivité peut être jugée lente et donne lieu à des mécanismes de rapports de force. Néanmoins l'organisation demande des « bras ».

Le temps de recherche d'emploi par exemple est de l'ordre du mois.

Pour résoudre ce problème l'entreprise cherche à fidéliser, on voit très souvent de nos jours des personnes ayant 30 à 40 ans d'ancienneté issue de ces générations.

Le dirigeant sacrifie d'une certaine façon, formellement, « une partie de son bon temps » en l'autorisant aux « employés ». L'entreprise est perçue comme un lieu de vie et d'accomplissement mais pas comme un lieu exclusif. Le rapport à l'autorité existe encore !

Nous sommes encore dans la perspective de la France « millénaire », les générations sont homogènes dans leurs formes éducatives et leurs références culturelles.

Bien sur le paternalisme a des limites et ne convient pas à tous les individus.

Cette époque est une période de grande agitation « politique » dans le monde citoyen.

A mon avis cela est dû à la prédominance d'un statut publique qui sécurise l'Etre et lui donne accès à une plus grande liberté de parole. Mais comme la différence organisationnelle entre privé et public est faible, le travail reste le même, la société française est relativement homogène et se perçoit encore comme un tout.

De plus comme on l’a lu dans Alternative économique de février 2013, c’est pendant les périodes les plus « sereines » pour les individus que les acteurs économiques prennent le plus de risque.

La prise de risque n’est-ce pas la source de la vie économique ?

De la première crise pétrolière aux années 90

L'individu absorbe les réorganisations perpétuelles et les évolutions technologiques. Les premiers mécanismes de « survie » se matérialisent par la construction de hiérarchie occulte du savoir-faire.

En effet le « métier » devient un objet à thésauriser qui ne se partage plus sinon uniquement avec ses « paires». Du moins c'est la tendance quand l'entreprise n'arrive plus à limiter l'accumulation de stress en son sein et expulse tout modèle paternaliste de ses pratiques.

Cela tient à mon sens, au changement de la numérisation. Quand tout se passe par l'écrit manuel, le temps est maîtrisé, dès lors que l'espace se « numérise »les rapports au temps changent (problème du concept des boites noires et de l’accélération du tempo).

Mais il n'y a pas que cette situation où la formation scolaire se transforme et la connaissance préalable à l'entrée en entreprise devient un enjeu compétitif.

Une scission se passe entre le savoir enseigné et le savoir être réel (avoir le métier). C'est plus qu'une rupture entre le théorique et la pratique. C'est l'émergence d'une connaissance propre à l'intérieur de l'entreprise.

L'entreprise privée se targue de « prendre les meilleurs », tout tient alors dans l'image qu'elle se fabrique de cette expertise. La fidélisation laisse sa place à la demande d'engagement.

Du coté comparaison le domaine public garde une certaine « aura » centrée sur le « travail bien fait ».

En effet les défauts de la culture court-termiste du monde du privé existent encore, à savoir la médiocrité qualitative. Mais la liberté que le statut de salarié public donne, crée une agitation-communication qui occulte cette réalité. Le monde du privé apparait comme celui de l’expertise alors que c’est dans le public que l’on prend son temps.

La taille grandissante des structures (Hommes et capitaux) conduit à de nouvelles problématiques et des structures pour les résoudre.

Si l'individu perd son horizon il peut se rattacher à une discipline bien que les savoirs reconnus dans l'entreprise subissent des effets de mode.

Eres du net

Une fois la révolution industrielle internet achevée les rapports à « l'autre » changent du tout au tout dans l'entreprise. Les formes contractuelles se désacralisent et l'entreprise se dégage totalement de sa sincérité dans sa composante humaine (formation, éthique, citoyenneté).

Le travail devient un acte psychologique. Non seulement l'individu doit être capable mais il doit aussi être malléable au niveau de son identité. C'est-à-dire que l'entreprise en vient de plus en plus à renvoyer vers les salariés les défis de ses changements de forme.

La mutation est devenue une obligation, l'entreprise se concentre sur son cœur de métier « la production de bénéfice ».

Le « comment » devient secondaire et l'individu responsable (et non la hiérarchie), comme dit Ricœur, « on passe de l'Homme faillible à l'Homme capable ». Le droit à l'erreur n'existe plus, parce que le travail n'est plus un faire mais une attitude immatérielle.

Le Désengagement de l'individu dans l'entreprise devient grandissant... Elle ne devient qu'une boite vide et la hiérarchie un salariat.

Le rapport public-privé est inversé, c'est la notion d'expertise propre au monde privé de l'époque précédente qui prend le pas (Sociologie politique de l'expertise, de Corinne Delmas, 10 novembre 2011).

C'est ce point de vue qui apparaît comme l'élitiste face à « savoir prendre son temps et le temps de faire ».

Les générations des trente glorieuses ressentent une perte de compétence généralisée propre aux nouvelles générations. Elles ne se sentent plus à l'aise dans un monde où le temps pour construire une famille est remis en cause.

Les nouvelles générations sans lien unitaire (syndicat, idéologies, traditions) se construisent un avenir sans le « nous » (l'entreprise mono-salariale) et du coup perdent toute force de négociation.

L'ensemble des citoyens se concentre sur une attente de résultat fonctionnel et la construction de réseau social (livre le culte du présent). L'entreprise perd tout moyen d'écoute lucide !

Note : Ce témoignage a aussi pour avantage de présenter l'autre face de la demande d'insertion des « minorités culturelles ».

On comprend très vite le rôle du discours d'intégration alors que la volonté réelle du monde de l'entreprise est grandement remise en cause par les sociologues. Pour paraphraser la pensée de BOURDIEU, le monde de l'entreprise est encore de nos jours le principal bastion de conformisme social.

L'entraide dans le travail

Après ce bilan caustique il est nécessaire de rappeler 2 formes idéalisées que l'on rencontre dans l'entreprise : L'organisation d'entraide et l'organisation de concurrence.

La dernière assèche l'initiative, l'adaptabilité et la vitalité du réseau social dans l'entreprise. Il transfert implicitement la gestion des émotions et de la responsabilité de la réalisation des actes concrets vers le bas de la hiérarchie sans jamais faire évoluer (enrichir) l'individu.

Dans une ambiance de concurrence, la notion de reconnaissance est très difficile à matérialiser.

L'autonomie dans l'entraide permet au contraire de donner de la consistance dans la réalisation individuelle et de la confiance à chacun.

On le voit aussi dans la gestion du rapport de force propre à chaque entreprise. Le plus naturel vient par exemple des logiques de métiers et leurs symboliques antagonistes.
Cela se manifeste et engendre lors des règlements des conflits en des moments de retour sur soit du groupe (dans une situation d'entraide).

Alors que dans le second cas envisagé cela conduit simplement à une négation même par la hiérarchie de ce rapport de force. Ceci interdit les situations de remise en cause des valeurs collectives.

La vraie transmission nécessite une perte apparente, celle de ses acquis que l'on met au pot commun. Or l'organisation en concurrence décrète la transmission et enlève de fait toute sincérité dans cet acte.

Il se crée alors des poches de résistance. Cela a tendance à recréer des situations d'entraides en petit groupe, via un facteur de reconnaissance lié à une expérience partagé (souvent de difficultés).

Dans « l'entraide » il se crée à l'opposé des poches de compétitivité. De forme plus anarchique l'entraide induit des situations de relation plus guerrière au sein d'un espace délimité et public, par exemple le combat des « chefs ».

L'entraide a tendance à faire perdre la mémoire au groupe et inhibe les nouvelles idées.

Mais en situation de concurrence toute l'organisation s’ordonne pour nier les erreurs et les réalités humaines. Il en ressort un besoin d'afficher des règles éthiques parce que le corps social n'a plus assez d'élasticité pour imposer par lui-même les règles implicites justes et acceptées facilement.

Outre que dans la réalité règne la nuance et autres objets subtils. La prédominance d'une forme tient souvent aux dirigeants, à la confiance qu'ils ont en eux même (et au confort que leur donnent les organisations).

De plus tout se caractérise dans la façon dont la hiérarchie sanctionne ou pas des situations.

Le plus usuel étant soit l'interdiction de l'entraide via une organisation imposée soit au contraire des mécanismes de parrainage.

Conclusion : fédérez-vous

Car c’est par cet acte que nous créons le bien commun, créons le « nous » et créons la richesse du partage.

Rappel du sommaire de l’ouvrage Chômeurs ou Esclaves le dilemme français

• L’anticapitalisme français
• Remonter au code civil
• Nature du « contrat de travail »
• Chômage involontaire
• La France, championne du salaire minimum
• Causes de la faiblesse syndicale
• Chômage volontaire
• Les 35 heures
• Destruction créatrice
• Les CDD

• Conclusion

Lexique

Prestataire (source http://www.cnrtl.fr) : Personne, entreprise qui fournit une prestation.

Le commandant d'un détachement isolé, non porteur d'un carnet de réquisition, peut éta¬blir sous sa responsabilité personnelle, en cas de nécessité, un ordre de réquisition en double exemplaire dont l'un reste entre les mains du prestataire et l'autre est adressé par la voie hiérarchique au général comman¬dant le corps d'armée ou la région (Lubrano-Lavadera, Législ. et admin. milit., 1954, p.245).Empl. adj. Le «première classe» au¬rait également laissé jeûner les travailleurs prestataires qu'il était chargé de nourrir (Gide, Voy. Congo, 1927, p.811).

Prestataire de service. Personne, entreprise dont l'activité s'exerce dans le domaine des services.
Vendeurs de machines et prestataires de services avaient remporté d'emblée la pre-mière manche: ils ont vendu, tant et plus (G. Elgozy, Le Désordinateur, 1972ds Gilb. 1980).

Outsider (source Wikipédia) :

Le modèle des insiders / outsiders est un modèle théorique de la Nouvelle économie keynésienne qui permet d'expliquer certaines rigidités à l'embauche sur le marché du travail. Il est apparu en 1988, notamment avec les travaux des économistes Assar Lindbeck et Dennis Snower.

Flex sécurité (source Wikipédia) :

Le terme de « Flex sécurité » (contraction de flexibilité et sécurité) désigne un dispositif social autorisant une plus grande facilité de licenciement pour les entreprises (volet flexibilité) et des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés (volet sécurité).

Il repose sur un mécanisme économique selon lequel des procédures de licenciement facilitées inciteraient les employeurs à embaucher.

Pouvoir d’achat (source INSEE) :

Le pouvoir d'achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des salaires.

C'est ainsi que, si les prix augmentent dans un environnement où les salaires sont constants, le pouvoir d'achat diminue alors que si la hausse des salaires est supérieure à celle des prix le pouvoir d'achat pourra augmenter.

La notion ici retenue est le salaire mais le raisonnement s'applique à l'ensemble des ressources (travail, capital, prestations familiales et sociales...).

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